Equipe de recherche  Axe 2 – HISTOIRE, TRADITIONS, MEMOIRE

L’ axe 2 – Histoire, traditions, mémoire  :

Parmi les différents axes de recherche du CRFJ, sans doute est-ce celui-ci qui a connu le plus de renouvellement au cours de l’année écoulée, grâce au développement de nouvelles actions dédiées à l’histoire moderne, autour d’E. Oliel-Grausz, ainsi que d’un nouvel élan dans le champ des études dédiées à l’Antiquité suite à l’arrivée de M. Langlois. En revanche, on aurait pu craindre que le départ l’année précédente de J. Loiseau signe une fragilisation des recherches sur l’histoire médiévale ; si elles connaissent en effet un ralentissement, des efforts ont été consentis afin de maintenir ce thème bien vivant, ainsi qu’on le verra dans les lignes qui suivent. Enfin, et notamment grâce à l’équipe réunie autour de l’ERC Open Jerusalem dirigée par V. Lemire et à plusieurs de ses doctorants (Ch. Rosner, C. Rubio et J. Blanc), le domaine de l’histoire contemporaine et singulièrement des archives de Jérusalem au cours des deux derniers siècles, a poursuivi une riche activité.

L’implication du CRFJ dans ces différents champs se lit tout d’abord au travers de la tenue de plusieurs manifestations scientifiques. Parmi elles, le colloque organisé par E. Oliel-Grausz et C. Stuczynski (université de Bar Ilan) intitulé Zugot-זוגות, Dialogues croisés d’histoire moderne / Early Modern Conversations, a permis une très riche confrontation d’idées entre 22 chercheurs français et israéliens, dialoguant autour d’une sélection de thèmes tels que Violence et religion, Réseaux sociaux et histoire sociale, Economie et communauté juive moderne, Histoire et fiction, Savoir et pouvoir, Minorités religieuses et conversion, Faire face à la question du genre, ou bien encore Sciences et techniques à l’époque moderne. Cette manifestation qui s’est déroulée au CRFJ les 9 et 10 juillet 2018, a pris part aux actions labellisées dans le cadre de la saison France-Israël. C’est également à l’occasion de cette saison que le CRFJ a eu le plaisir de recevoir P. Boucheron (Collège de France), pour deux actions conduites en lien avec l’Institut Français qui seront détaillées plus loin, au titre de la diffusion des savoirs. Sa présence a fourni d’organiser par ailleurs une table-ronde tenue à l’Institut Van Leer et réunissant à ces côtés des chercheurs français et israéliens, historiens et anthropologues, débattant du thème des « Villes et de la tyrannie de la mémoire », avant qu’une seconde partie de cette séance ne soit consacrée à un échange avec plusieurs historiens israéliens autour de l’édition en hébreu du livre de V. Lemire, Jérusalem 1900, la ville sainte à l’âge des possibles. Toujours au titre des manifestations dédiées à l’histoire contemporaine, on citera également l’organisation d’une autre conférence impliquant un partenariat entre le CRFJ et l’université de Tel Aviv, organisée par N. Kuperty et Y. Scioldo-Zürcher Lévi, intitulée « Faire la Paix, 1918-2018 », tenue le 6 juin 2018 dans le cadre de la saison croisée France-Israël.

Outre ces rencontres portant sur l’histoire moderne et contemporaine, deux journées d’étude ont été consacrées pour l’une à l’épigraphie antique (« La stèle de Mésha, 150 ans après sa découverte », organisée par M. Langlois au CRFJ le 29 novembre 2018) et pour l’autre à l’histoire religieuse, en particulier médiévale (« Writing the history of Jerusalem: sources ans methods », organisée par C. Rouxpetel au CRFJ le 21 mars 2018). A cela, s’ajoute également une dernière manifestation organisée avec collaboration avec l’université d’Al-Quds (« Inside the craddle of History »), dédiée à une présentation de recherches récentes, tant archéologiques qu’historiques, conduite par le département d’archéologie de cette université et par des chercheurs associés du CRFJ (13 février, université Al-Quds). Ainsi, la conjugaison de ces différentes manifestations scientifiques a permis l’exploration de thèmes couvrant l’ensemble des périodes historiques, tout en poursuivant la mise en œuvre de nos partenariats avec une riche palette d’institutions de recherches locales et internationales.

L’année 2018 a également vu la poursuite ou l’amorce de plusieurs terrains d’enquête archivistique, lesquels reposent notamment sur le développement de plusieurs recherches doctorales, toutes réunies dans le champ de l’histoire contemporaine. A. Zoabi poursuit ainsi une étude sur les relations judéo-arables en Palestine mandataire, à partir de l’examen des activités de l’association Kedma Mizraha et plus particulièrement de l’un de ses principaux protagonistes, H. Margaliot-Kalvarisky (1868-1947), agronome et militant pour la paix en Palestine dans les années 1920-1930. De son côté, Ch. Rosner a achevé de réunir les matériaux de sa thèse, consacrée à l’étude des institutions dédiées à l’archéologie en Palestine puis en Israël tout au long du 20ème siècle, tandis que Cl. Rubio terminait la sienne consacrée à l’histoire de l’enseignement du français en Palestine, soutenue au printemps dernier. Quant à J. Blanc, il est venu à l’automne 2018 effectuer les premiers terrains d’une recherche doctorale qui vient de débuter sur le thème de L’OEuvre Notre-Dame de Sion à Jérusalem dans la seconde moitié du XIXe siècle : Interactions urbaines, relations politiques et fabrique mémorielle d’une congrégation catholique au cœur de la ville sainte, exploitant pour cela les archives de l’œuvre conservée à Ein Kerem et celles du Patriarcat latin.

Ainsi que cela a déjà été évoqué, les nombreuses manifestations organisées cette année ont fourni l’occasion d’un renforcement des liens et des partenariats avec plusieurs institutions de recherches françaises et étrangères. Parmi elles, nous souhaitons souligner l’importance des coopérations engagées avec l’EBAF, portant tant sur la philologie et l’épigraphie antique que l’histoire religieuse, ainsi que nos liens avec l’université hébraïque de Jérusalem, lesquels se traduisent notamment par la participation d’E. Oliel-Grausz à l’Institut d’Etudes avancées qu’elle abrite.

Le dernier volet que nous souhaitons mentionner concerne le patrimoine archivistique du CRFJ lui-même. Outre les missions déjà citées conduites par E. Wojszvzyk dans le cadre de son accueil au CRFJ pour son stage INP, une autre d’entre elles a consisté en un inventaire exhaustif de l’ensemble des archives administratives du Centre. Ceci avait pour objet de rationaliser leurs conditions de dépôt (libérant ainsi l’essentiel d’une pièce où elles étaient entreposées dans un certain désordre) et de disposer des informations permettant, le cas échéant et le jour venu, leur transfert. Mais le plus intéressant était ailleurs : grâce à leur mise en ordre, ces archives peuvent désormais servir de support à une recherche sur l’histoire de notre institution, et c’est la tâche que s’est assignée E. Telkes-Klein, qui prépare à partir d’elles et d’une série d’entretiens une histoire du CRFJ. Cette démarche rejoint parfaitement celle initiée sur notre chaîne Youtube, à laquelle nous avons déjà fait allusion et dont les liens ci-dessous permettent de retrouver une première série d’entretiens et de visites.