Equipe de recherche Axe 3 – ISRAELIENS ET PALESTINIENS : SOCIETES ET CULTURES CONTEMPORAINES

D’une façon générale mais singulièrement dans cet axe, le socle de l’identité scientifique du CRFJ est marqué par des travaux de recherche empruntant à différentes disciplines, différentes méthodologies, une ouverture épistémologique avec de nouveaux chantiers disciplinaires. L’articulation pluridisciplinaire croissante de l’anthropologie, de la sociologie, de la théorie politique, de l’économie, de philosophie ou encore de la démographie est une des marques de l’axe 3 ancré dans l’histoire récente voire immédiate et la science sociale contemporaines et permettant d’appréhender les relations sociales et politiques ou les faits sociaux dans toute leur complexité. L’axe 3 (« Espaces, sociétés et institutions contemporaines ») fait l’objet d’une ré-articulation constante entre les disciplines phares des sciences sociales, en vertu des chercheurs en présence et des rythmes d’enquête. Le pluralisme scientifique y est un des marqueurs, également au sens où les recherches partagent un effort d’articulation entre réflexion théorique et effort empirique, entre micro-analyse et montée en généralité.

Un premier trait de l’axe est son caractère transnational et comparatif qui permet d’inscrire les recherches menées en Israël dans une interdépendance avec le cadre international, à commencer par celui du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord, mais aussi de l’Europe et des Etats-Unis. Un second trait général des recherches tient à l’attention particulière qu’elles portent à l’historicité de leurs objets, à partir du jeu d’échelles temporelles et de l’articulation du temps court avec des temporalités plus longues. Un troisième trait est d’actualiser et de documenter sans cesse la science sociale à partir d’objets émergents et intersectionnels.

Représentations mémorielles, migrations, échanges et circulations demeurent depuis les années 1980 une matière première de l’enquête. Plusieurs thématiques structurent ainsi l’axe : structures sociales et spatiales propres à définir la société israélienne en devenir, sociologie d’une société nationale israélienne en relation avec différents voisinages, rapport aux diasporas, réseaux migratoires. Ainsi des approches ciblent la sociologie et l’anthropologie des migrations, le tournant narratif et le la micro-histoire des groupes familiaux et ethniques, les engagements publics ou communautaires, les rapports sociaux de genre, d’ethnie et l’intersectionalité qui sont au cœur des problématiques actuelles des sciences sociales. Les recherches prennent également en compte le renouvellement des formes ou des objets métapolitiques, allant de l’État à l’histoire du sionisme, de la définition de la souveraineté et de la citoyenneté à la doctrine guerrière et sécuritaire. La philosophie politique et la science politique se trouvent ainsi mobilisées dans des travaux en sciences sociales : militantisme, contestations ou mouvements critiques, sans être naturalisées au sens où elles appartiendraient à la sociologie d’un conflit israélo-palestinien au long cours.

Les relations transnationales opèrent également à plusieurs échelles : non seulement au sein des recherches portant sur les réseaux migratoires reliant directement Israël et son extérieur, mais également sur la transformation de l’Etat ou les politiques internes et leur perception, sur les mouvements civils internationaux. De même, les travaux sur les minorités internes à Israël, rejoignent la problématique d’intersectionalité, tout comme les recherches sur les relations inter-linguistiques, intercommunautaires, et interconfessionnelles qui contribuent à l’élaboration de « champs » – par exemple littéraires ou intellectuels – locaux ou transnationaux. Enfin, une part de la recherche tend à faire émerger l’environnement et les matérialités comme au cœur du travail des sociétés : transformation de l’espace public, gentrification des villes, mixités et contiguïtés urbaines et sociologie de la civilité, place de l’environnement, des traditions gestuelles, artisanales, de la mémoire urbaine dans la permanence des sociétés israéliennes ou palestiniennes. Ces articulations ou ces thématiques facilitent l’ancrage de doctorants autour d’objets émergents : configuration d’espaces politiques, militantisme, éthique de la guerre, anthropologie des moshavs, réception de la pensée critique en Israël, sociologie urbaine.