Equipe de recherche  Axe 2 – HISTOIRE, TRADITIONS, MEMOIRE

L’ axe 2 – Histoire, traditions, mémoire recouvre trois programmes distincts :

  • Israël antique, judaïsme et culture grecque
  • La Palestine médiévale entre chrétientés et Islam
  • De la Palestine ottomane à la formation de l’État d’Israël

L’ axe 2 (Histoire, traditions, mémoire) fédère des travaux pluri-disciplinaires portant sur l’histoire de l’espace israélo-palestinien – de l’Israël antique à la formation de l’Israël moderne en passant par la Palestine médiévale et ottomane –, sur ses traditions scripturaires, religieuses et intellectuelles, et sur les différentes strates mémorielles qui s’y sont sédimentées. La richesse du CRFJ est de pouvoir investir le temps long de l’histoire de la région, sans considération des frontières qui la divisent et la compartimentent depuis 1948.

Les études sur l’Israël antique, et les relations entre judaïsme et culture grecque, se sont illustrées en 2016 ; l’histoire de la Palestine médiévale, entre chrétientés et Islam, a pris une importance nouvelle avec la mise en place du Medieval History Seminar ; le long siècle (du milieu du xixe au milieu du xxe siècle) qui vit successivement en Palestine l’intervention des puissances européennes, la montée du sionisme, l’établissement du mandat britannique, la naissance de l’État d’Israël et le nouage du conflit israélo-palestinien, a concentré une part prépondérante des travaux conduits par les chercheurs de l’équipe.

Une expertise s’y est en particulier développée sur la question des archives (du Moyen Age à nos jours), dont témoigne le programme Open Jerusalem porté par Vincent Lemire et financé par l’ERC (2014-2019-, mais qui nourrit aussi de nouveaux projets individuels. Le CRFJ sera également associé au programme ERC “HORNEAST. Horn and Crescent. Connections, Mobility and Exchange between the Horn of Africa and the Middle East in the Middle Ages”, présenté par J. Loiseau en 2016 et financé pour cinq ans (2017-2021).

L’histoire de Jérusalem dans la longue durée occupe enfin une place singulière dans les travaux conduits de longue date au CRFJ, laquelle a permis au Centre d’être étroitement associé à la publication, en octobre 2016, de Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, des origines à nos jours, co-écrit par Katell Berthelot, Julien Loiseau, Yann Potin et Vincent Lemire (Flammarion, collection Champs, inédit).

Le moment fondateur de la création de l’État d’Israël est quant à lui envisagé par Danny Trom (CR1 CNRS) dans le cadre d’un programme de recherche situé au croisement de la sociologie et de la théorie de l’Etat. L’État d’Israël, dans ses années de formation, offre un cas particulièrement intéressant à étudier car il hérite de manière paradoxale de la forme État-nation, produit de la modernité politique européenne : d’une part, il s’édifie sur ce modèle mais, d’autre part, il nourrit à son égard un rapport critique puisque le sionisme politique procède du bilan de ses échecs. L’indice le plus patent en est l’absence de réflexion sur l’État au sein du mouvement sioniste et l’impréparation du Yishouv dans la conjoncture historique qui conduisit à sa création. De ce rapport ambigu, contrarié à la souveraineté, découle une série de conséquences, qui ont marqué profondément la forme singulière prise par l’État d’Israël, laquelle échappe aux typologies classiques de la science politique .

Les premiers temps de l’État d’Israël sont également indissociables de l’arrivée et de l’installation dans ses frontières de populations juives venues de multiples horizons. L’enquête conduite par Yann Scioldo-Zürcher (CR1 CNRS) porte ainsi sur les mobilités des populations juives issues du Maghreb aux lendemains des indépendances nationales et leurs circulations migratoires entre le pays d’origine, la France et Israël.