Archéologies du Levant

Equipe de recherche  Axe 1 – Archéologie du Levant

L’archéologie occupe une place à part dans les activités du CRFJ. Plus qu’aucune autre discipline, elle contribue à l’identité et à la visibilité du Centre dans le paysage académique israélien. Structurée par les missions archéologiques dont le Centre porte la responsabilité scientifique auprès de l’Autorité des Antiquités israéliennes (au nombre de quatre en 2014), elle s’y déploie également de manière pérenne grâce à la présence permanente de chercheurs, doctorants et post-doctorants, et à l’étude du matériel provisoirement entreposé au Centre et conduite par des chercheurs de passage.

1. De l’épipaléolithique au néolithique : héritages et adaptations

1.1 Travaux en cours sur le Natoufien

Parures du Natoufien ancien. Dans le cadre d’une thèse de doctorat de l’Université Paris 1 (“À l’aube du Néolithique, les sociétés du Levant Sud à travers leur parure : acquisition, fabrication et usage sur les sites natoufiens”), Laurent Davin a finalisé au cours de son séjour au CRFJ en 2014 son corpus de plus de 8 000 perles de coquillages, os et dents, mises au jour en contexte funéraire et domestique dans cinq gisements du Natoufien ancien. L’étude de ce corpus donne lieu à un programme de recherche franco-israélien (avec Daniella Bar-Yosef Mayer), soutenu par la Irene Levi Sala Care Archaeological Foundation.

Fouilles d’Ayn Mallaha (Eynan). Conduites de 1996 à 2005 par François Valla (DR2 retraité, UMR 7041 Arscan) et Hamoudi Khalaily (IAA), les fouilles du gisement d’Ayn Mallaha (Eynan) ont livré un abondant matériel en cours d’étude et de publication. François Valla a effectué un séjour d’étude de trois mois au Centre (juin-août 2014). Nicolas Samuelian (INRAP) chercheur associé au CRFJ en 2014 a soumis le manuscrit de sa thèse de doctorat, Les abris du Natoufien final de Mallaha-Eynan, Israël. Organisation spatiale et interprétation fonctionnelle, pour publication dans la collection des Mémoires et travaux du CRFJ.

Collection de Raqefet. Cette collection natoufienne, conservée au CRFJ, a été étudiée au printemps 2014 par Fanny Bocquentin. Une monographie lui sera consacrée.

1.2 Mission Beisamoun : le VIIe millénaire du Levant Sud en question

Les fouilles conduites à Beisamoun par la mission franco-israélienne dirigée par Fanny Bocquentin (CR1, CRFJ, puis UMR 7041 Arscan) et Hamoudi Khalaily (IAA) constituent, en 2014, l’unique chantier d’archéologie préhistorique porté par le CRFJ. Elles ont structuré, avant et après la mission de juillet 2014, une part essentielle de l’activité du Centre dans ce domaine de recherche déterminant pour sa visibilité.

Campagne. La mission Beisamoun a effectué sa neuvième campagne de fouilles sur le site de Beisamoun, dans la haute vallée du Jourdain (bassin du Houleh). La mission bénéficie du soutien de la commission des fouilles du MAEDI et du CRFJ. Outre Fanny Bocquentin (CRFJ), Nicolas Samuelian (INRAP, chercheur associé CRFJ), Ferran Borrell (post-doc CRFJ) et Laurent Davin (doctorant Paris 1/CRFJ) y ont participé. Concentrée sur la dernière phase d’occupation du site avant son abandon au milieu du VIIe millénaire, la mission Beisamoun documente la transition par ailleurs très mal connue entre la fin du Néolithique pré-céramique B (PPNB) et le début du Néolithique céramique (EPN).

1.3. La néolithisation : nouvelles approches

Au cœur des recherches conduites par le CRFJ depuis plusieurs décennies, la question de la néolithisation a fait l’objet d’investigations novatrices en 2014.

Apparition de la poterie. Julien Vieugué, post-doctorant CRFJ, a poursuivi en Israël ses recherches commencées en Bulgarie sur l’apparition de la poterie et sa place dans l’évolution de l’alimentation au Néolithique. Son protocole d’étude, à l’interface de la typométrie, de la chimie et de la tracéologie, consiste à croiser les aspects morpho-dimensionnels (forme, taille, volume, épaisseur des parois) et les traces d’utilisation (résidus et usures) des récipients en terre cuite, afin de comprendre pourquoi les populations levantines du VIIe millénaire se sont mises à utiliser de la vaisselle en terre cuite. Au vu des premiers résultats de l’enquête, l’apparition de la poterie serait connectée à un problème de gestion des ressources naturelles apparu dans le Levant Sud au milieu du VIIe millénaire.

Premières communautés d’agriculteurs. Ferran Borrell, post-doctorant CRFJ/FBS, a poursuivi  en Israël ses recherches initées en Syrie sur la nature et les origines du processus de néolithisation. En croisant données paléo-climatiques et données archéologiques (datations au radio-carbone, structures d’installation, données archéo-botaniques), ses travaux mettent en lumière la coïncidence,  au début du VIIIe millénaire, entre un changement climatique rapide et une discontinuité culturelle majeure documentée par l’archéologie.

2. Archéologie du Royaume latin de Jérusalem

Nouveau champ de recherche dans la programmation scientifique du CRFJ depuis 2012, l’archéologie du Royaume latin de Jérusalem est un domaine à fort potentiel de développement, compte tenu de l’importance des vestiges en Israël, de l’expertise des équipes de recherche françaises (en archéologie du bâti et archéothanatologie, tout particulièrement) et de l’intérêt manifesté par les partenaires israéliens (IAA, universités) du CRFJ.

2.1 Mission Belvoir : un château des xiie-xiiie siècles et son village castral

La mission Belvoir, conduite par Bruno Phalip (Université Clermont-Ferrand-2) en collaboration avec Hervé Barbé (IAA, chercheur associé au CRFJ), a effectué sa quatrième campagne de terrain avec Simon Dorso (doctorant INSHS/CRFJ/Lyon-2), membre de l’équipe du CRFJ.

Cinq sondages ont été opérés dans le château et dans une parcelle située au sud de ce dernier, à l’emplacement du village moderne de Kawkab. Parallèlement aux fouilles, l’étude des élévations s’est poursuivie à travers la couverture photogrammétrique systématique du château intérieur et la reprise d’un plan complet du château (en cours). Un nouveau chantier a également été ouvert sur le dépôt lapidaire situé au-delà du fossé nord. Le relevé des blocs (en cours) a permis de les rattacher à un ou plusieurs états de la chapelle castrale dont il sera possible, à terme, de restituer le plan et les élévations. Des prospections ont également été menées dans les environs du site afin de localiser les différents sites d’extraction de la pierre mise en œuvre dans le complexe castral. Plusieurs sites de carrières ont été découverts, sur lesquels des prélèvements ont été effectués et analysés afin de les comparer aux matériaux employés dans le château.

2.2 La Galilée orientale au temps du Royaume latin

 Dans le cadre d’une thèse de doctorat préparée à l’Université Lyon-2 sur “Peuplement et contrôle du territoire en Galilée orientale à l’époque des croisades”, Simon Dorso (doctorant INSHS/CRFJ) a poursuivi l’étude des chartes latines et l’enquête de terrain. Deux campagnes de prospections pédestres ont été réalisées sur un total d’une dizaine de sites, afin de mieux appréhender la topographie des sites ruraux francs et de dresser un plan des opérations archéologiques réalisées sur ses sites. Les vestiges visibles ont été photographiés en prévision d’un inventaire. Une attention particulière a été portée sur l’inter-visibilité des sites et leur approvisionnement naturel ou anthropique en eau. Des zones de ramassages de céramiques ont été déterminées.

2.3 Mission Atlit : un cimetière latin du xiiie siècle

Dans le cadre d’un nouveau programme dirigé par Yves Gleize (Inrap, Université de Bordeaux, UMR 5199), une première campagne de prospections et de relevés a eu lieu en 2014 sur le cimetière médiéval d’Atlit suivie d’une deuxième en 2015. Environ 1 200 tombes, matérialisées au sol ont pu être photographiées, identifiées et localisées sur un plan. Cimetière médiéval le mieux conservé dans les limites du Royaume latin, Atlit offre l’opportunité de développer en Israël, en partenariat avec l’Université de Haïfa, des méthodes novatrices dans le domaine de l’anthropologie et de l’archéothanatologie.

3. Nouvelles opérations

Mission Tell Achziv : un port du Ier millénaire avant notre ère

Le CRFJ a soutenu la première campagne de la mission Tell Achziv, conduite du 30 juin au 9 juillet 2014 par Michael Jasmin (archéologue indépendant) et Yifat Thareani (Nelson Glueck School of Biblical Archaeology). Cette campagne de prospection, à laquelle ont participé une dizaine d’étudiants de l’École du Louvre et de l’Université du Mans, avait pour objectif d’identifier des secteurs de fouilles prometteurs dans la partie urbaine et portuaire du site. Une deuxième campagne a eu lieu en 2015.

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