AXE TRANSVERSAL – JÉRUSALEM : « DÉSOUBLIER » LA PLURALITÉ

Les études pluridisciplinaires sur Jérusalem sont une tradition au CRFJ depuis que le centre s’est ouvert aux humanités et aux sciences sociales. Le seul fait d’aborder Jérusalem comme un objet d’étude complexe et multiple, contentieux et sujet à de profonds changements historiques, est un impératif épistémique dont l’importance n’est pas diminuée, bien au contraire, par les appropriations religieuses (« lieux saints » des diverses religions), les politiques atemporelles (Jérusalem comme « capitale éternelle » d’Israël), et les « tables-rases » militaires et urbanistiques dont les exemples sont nombreux depuis trois millénaires (qu’ils aient visé à proscrire les Juifs de Jérusalem, à « latiniser » la ville, ou aujourd’hui à dés-arabiser Jérusalem-Est). « Compliquer » Jérusalem, la donner à voir dans ses clivages identitaires et son morcellement documentaire, l’aborder de façon plurivocale, est bel et bien un enjeu de recherche consistant à « désoublier » la pluralité de la ville et à remettre celle-ci sur l’atelier du chercheur. À l’exception de l’archéologie dans Jérusalem-Est, que le CRFJ s’interdit de pratiquer par respect des lignes de conduites émises par la Commission européenne et le gouvernement français, le laboratoire a encouragé, et continue d’encourager, toutes les recherches portant sur Jérusalem, qu’il s’agisse du Saint-Sépulcre, des églises latines, des communautés chrétiennes contemporaines, des dynamiques urbaines, économiques et sociales entravées du fait d’une « ligne verte » à la fois invisibilisée et produisant des discriminations dissymétriques, ou encore de la place occupée par Jérusalem dans la formation d’une « république des Lettres » juive moderne et dans les réseaux de l’entraide juive transnationale. D’autres questions sont aussi à explorer, telles les dynamiques migratoires et démographiques, foncières, religieuses, dans la Jérusalem la plus contemporaine.