Le séminaire SEMPER, sur l’écriture en dehors du monde manuscrit, reprend cette année sous forme de webinaire transversal, réunissant tous les projets de recherche en épigraphie liés au CESCM (le CIFM/TitulusCARMECA, IGAMA, l’ERC GRAPH-EAST), en partenariat avec le CRFJ Jérusalem. Huit séances se dérouleront entre octobre 2021 et mai 2022, à raison d’une par mois, autour du thème « Transmissions épigraphiques ».  

« Transmettre un message au public le plus large » telle est une des fonctions de l’inscription. Mais en quoi consiste cette transmission ? Sur quoi porte-t-elle et qu’implique-t-elle ? Parler de « transmissions épigraphiques » permet d’interroger l’idée non de permanence qui efface le rapport au temps, mais de continuité qui intègre les remous de l’histoire, les variations d’interprétations, les transformations du support. L’emploi continu de formes d’écriture comme la capitale (entendu au sens de grande lettre placée dans un système bilinéaire), la récurrence de certaines formules funéraires qui traversent le Moyen Âge et se trouvent toujours utilisées dans nos langues modernes, ou encore le remploi matériel intentionnel d’une pierre inscrite dans un mur, sont trois exemples les plus évidents de la durée véhiculée par l’inscription. Cette continuité se fait à travers la passation ; elle s’inscrit dans une chaîne temporelle et/ou spatiale. Elle implique un mouvement, comme le montrent la cartographie des formules épigraphiques en Europe ou les transferts entre Orient et Occident. Elle met aussi en en avant les intermédiaires qui participent à ce maillage, voire cet engrenage.

Au-delà du contenu et de la forme d’un message, le texte épigraphique est aussi une trajectoire, un itinéraire dans le temps, celui de l’histoire de sa transmission sur d’autres média que son propre support. Dès le Moyen Âge, les inscriptions sont recopiées dans les manuscrits ; aux XVI-XVIIe siècles, les imprimeurs vont redoubler d’originalité pour reproduire fidèlement et faire voir ces textes monumentaux ; les dessins, les estampages, les premières photographies au milieu du XIXe s. jusqu’à la photogrammétrie aujourd’hui font partie de ce travail de transmission. Le travail d’édition – car l’éditeur est un « passeur » – doit aussi être questionné.

Ce webinaire sera donc l’occasion à travers cette thématique transversale d’interroger de manière collective l’objet « inscription » tout autant que l’histoire même de la discipline épigraphique, la mise en scène du travail de l’histoire comme une méthodologie en acte, pour reprendre une expression d’Étienne Anheim (Le travail de l’histoire).

Les 8 séances d’octobre 2021 à mai 2022 se dérouleront avec le même lien Zoom ci-dessous :

https://us02web.zoom.us/j/89842541808?pwd=c0hyQ1o4OVR6OXFuZ0hHOU1vQmRKQT09 (ID de réunion : 898 4254 1808 ; Code secret : 013157)

Programme jusqu’à fin 2021 : 

  • Jeudi 14 octobre,  10h-12h : Elisabetta Scirocco (Bibliotheca Hertziana – Max-Planck-Institut für Kunstgeschichte, Rome)« Dinamiche di ‘trasmissione epigrafica’ nella badia benedettina di Cava de’ Tirreni (Salerno): tradizione e creazione di una memoria monumentale ». Répondant : Maria Villano.
  • Jeudi 25 novembre, 14h-16h : Jean-Baptiste Javel (IRAMAT CRP2A, Université Bordeaux Montaigne) et Thierry Grégor (CESCM, Université de Poitiers), « La basilique Saint-Eutrope de Saintes : Étude technique de deux inscriptions inédites »
  • Jeudi 16 décembre, 14h-16h : Michele Bacci (Université de Friburg, Suisse), « Les graffitis de la Nativité de Bethléem, l’édition du manuscrit de Emérico Vicente Juhász, Pinturas y grafitos. Basílica de la Natividad en Belén (Milan: Edizioni Terra Santa, 2021) ». Répondants: Clément Dussart et Estelle Ingrand-Varenne.

Pour tout renseignement : estelle.ingrand.varenne@univ-poitiers.fr