Le cimetière médiéval d’Atlit est un vaste espace funéraire situé sur la côte levantine méditerranéenne. Localisé au sud de Haïfa (Israël), il est implanté à proximité du Château-Pèlerin bâti en 1217-1218 et occupé par l’ordre des Templiers jusqu’en 1291. Ce cimetière est un témoignage important concernant les pratiques culturelles et les populations du Royaume latin de Jérusalem durant les croisades.
Une nouvelle publication vient interroger la destination de cet espace funéraire : réservé aux Latins ou ouvert à une population plus large se pose. Ce cimetière dit « croisé », est-il bien le témoignage seulement d’une culture médiévale occidentale ? La diversité des gestes funéraires identifiés permettrait d’en douter et souligne la complexité de la question. Si certains marqueurs de tombes trouvent des ressemblances en Europe occidentale, d’autres pratiques doivent être interrogées. L’étude céramologique des vases retrouvés dans les tombes montre une grande variété de provenance des lieux de production dans le monde méditerranéen. Les premières données isotopiques (δ13C, δ15N, δ34S) suggèrent quant à elles une variabilité dans les sources d’approvisionnement alimentaire. Ces premiers résultats vont dans le sens d’un espace funéraire utilisé par des groupes au carrefour de différentes cultures. Ces nouvelles recherches interdisciplinaires permettent de mettre en évidence la complexité des cultures de l’Orient latin et ouvrent des perspectives inédites sur la compréhension des échanges durant les croisades en Asie.
Pour en savoir plus : Yves Gleize, Élise Mercier, Chloé Lacourarie, Gwenaëlle Goude, Natalie Milanese Branca, Marie-France Deguilloux, Fanny Mendisco et Marie-Hélène Pemonge, « Atlit (Royaume latin de Jérusalem, XIIIe siècle) : cimetière de croisés ou un espace funéraire à la croisée de différentes cultures ? Regards sur quelques données et perspectives d’études », Bulletins et mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris [En ligne], 38 (2) | 2026,
Les travaux réalisés depuis plusieurs décennies sur ce site par des équipes pluridisciplinaires sont également à l’honneur dans l’exposition intitulée « Une mémoire qui s’érode : préservation des vestiges médiévaux d’Atlit », qui se tiendra à la MMSH d’Aix-en-Provence du 15 septembre au 15 novembre 2026. Cette exposition a été réalisée dans le cadre du post-doctorat de Natalie Branca financé par la fondation Fyssen.
Pour plus d’informations : https://www.mmsh.fr/une-memoire-qui-serode-preservation-des-vestiges-medievaux-d-atlit/
Pour plus d’informations : https://www.mmsh.fr/une-memoire-qui-serode-preservation-des-vestiges-medievaux-d-atlit/





