Séminaire mercredi 15 octobre 2026, de 10h30 à 12h30, autour de la publication de l’ouvrage d’Assaf Likhovski, Legal theory in the colonies: Hindu and Jewish scholars under British rule, Cambridge University Press, 2026 [open access], suivie d’une discussion animée par Baudouin Dupret (CNRS/ CRFJ).

La séance se tiendra en anglais ; un déjeuner léger sera servi à l’issue.
Inscription obligatoire avant le 13 octobre en écrivant à l’adresse : crfj@cnrs.fr

Assaf Likhovski est titulaire de la chaire Danielle Rubinstein de droit comparé et de théorie du droit à la faculté de droit de l’université de Tel-Aviv. Il est l’auteur de deux ouvrages primés Law and Identity in Mandate Palestine (2006) et Tax Law and Social Norms in Mandatory Palestine and Israel (2017).

Dans cette intervention, Assaf Likhovski présentera un ouvrage qu’il vient de publier et qui porte sur l’histoire comparée de la théorie du droit dans l’Inde coloniale et la Palestine sous mandat britannique durant la première moitié du XXe siècle. C’est à cette époque que de nouvelles facultés de droit ont vu le jour dans ces territoires. Au sein de ces établissements, des professeurs britanniques et locaux enseignaient aussi bien le droit occidental que les droits religieux locaux (hindou, islamique et juif). L’ouvrage examine la manière dont ces juristes ont assimilé, critiqué et modifié les idées occidentales concernant la nature du droit et son évolution. Selon une conception répandue, les juristes non occidentaux auraient été de simples récepteurs passifs des théories juridiques occidentales. Assaf Likhovski conteste cette idée reçue en démontrant que les territoires non occidentaux qu’il étudie étaient des foyers de grande vitalité intellectuelle ; ils ont produit des concepts juridiques originaux, enrichissant la pensée juridique occidentale d’apports issus des systèmes juridiques locaux. Il soutient également que les évolutions juridiques observées dans l’Inde coloniale et en Palestine s’inscrivaient dans une dynamique mondiale plus vaste, apparue au début du XXe siècle dans d’autres régions, telles que l’Égypte et la Chine. L’analyse historique qu’il propose ne présente pas qu’un intérêt académique. En étudiant la façon dont les juristes non occidentaux du début du XXe siècle ont relevé le défi de concilier droits et théories juridiques occidentaux et non occidentaux, nous pouvons dégager des perspectives précieuses pour les débats actuels sur les relations entre le droit occidental et les diverses traditions normatives non occidentales